Histoire

Les origines:
 
A quelle époque remonte l'origine d'Obrechies ?
Elle serait postérieure à l'invasion des Francs... Mais ce qui est certain, c'est qu'au début du XII° siècle, ce village avait déjà un prêtre en résidence. La collation de la cure avec tous les avantages qui s'y rattachaient appartenait à l'abbaye de Liessies. Nous lisons dans "L'histoire de l'Abbaye de Liessies" par Péter, page 50, que le Villicus Adam enleva toutes les terres que l'abbaye possédait à Obrechies. Il mourut excommunié, mais à sa veuve et à ses enfants accourus à Liessies pour renoncer à ces biens usurpés, Helgoet, abbé de 1153 à 1191, en accorde bénévolement la moitié. Les comtes du Hainaut, comme souverains temporels, possédaient tous les autres droits sur Obrechies.

En 1117, par donation de Baudoin III, Obrechies passa au pouvoir de l'abbaye de Saint-Denys-en-Brocqueroie, située à une lieue et demie au nord de Mons.
Vers 1183, la dite abbaye obtint de l'abbaye de Liessies le droit de conférer la cure d'Obrechies.
En 1230, Ferrand, comte de Flandre, céda au monastère le droit de lever "tailles" dans le "terroir" d'Obrechies. Dans cette dépendance de l'abbaye, il faudrait voir l'origine du surnom de "manants" donné aux habitants d'Obrechies par dérision par les gens des villages voisins, qui pourtant n'étaient pas libres non plus. Cependant, les "masuyers" d'Obrechies, c'est à dire ceux qui possédaient une maison en propre dans la commune et y résidaient, jouissaient de privilèges important qu'ils conservèrent jusqu'à la révolution de 1789.

Ces privilèges comprenaient :
  I°) L'exemption du droit à "issue" ou service d'entrée lorsqu'ils vendaient ou achetaient des immeubles situés sur le territoire de la commune.
  2°) Le droit de "fuwée" qui consistait à aller couper pour leur chauffage, leur charge d'homme de petite futaie dans le bois d'Obrechies.
  3°) Le droit de faire paître leurs bestiaux dans les bois de la "Carnoye, du Quesnoy et de Dan jean".
  4°) Le droit de "prompt" ou de "retraite", en vertu duquel, quand un étranger achetait au territoire d'Obrechies ou de Fumont (qui était une de ses dépendances, ) un héritage ou des récoltes, le vendeur, s'il était "masuyer", pouvait reprendre l'objet vendu, en donnant seulement douze deniers de plus que l'acheteur.


L'origine du nom:
 
La situation du village, sur un des coteaux les plus élevés de la vallée de la Solre, a fait dire que son nom dérivait du tudesque 'ober', qui signifie hauteur, élévation. Obrechies, qu'on a nommé en latin 'Albericiacum', devrait plutôt venir du nom de quelque seigneur, premier possesseur du lieu, Alberic, Albert, Aubert, qu'on écrivait autrefois Obert ou Obrecht.
L'ortographe actuelle remonte au XIIème siècle, mais on écrit aussi Obreciis en 1184 et en  Obresie sur une cloche en 1530. 
La bataille de Wattignies.

Au cours des guerres, Obrechies souffrit terriblement, notamment en 1635.
Aussi, disent les chroniqueurs, en 1657, tout était en friche, les terres labourables comme les bruyères, les prairies converties en belles “raspe de bois”. Il ne restait debout que cinq à six maisons, notamment la cure, la cence Saint-Denys et le moulin, sans vitres ni fenêtres et dans un délabrement tel qu'elles pouvaient à peine mettre à couvert les habitants. C'était tout ce qui restait des quarante maisons qui formaient le village.

Lors du déblocus de Maubeuge en 1793, quelques-unes des opérations militaires se déroulèrent sur son territoire. Les français voulant déloger les Autrichiens qui s'y étaient postés, firent pleuvoir sur le village une grêle d'obus qui occasionnèrent un épouvantable incendie.
En 1817, le Grand Duc Nicolas, depuis empereur de Russie et Wellington, passèrent l'armée russe en revue au lieu dit "Souvergeaux" et plus tard, en 1831-1832, les français cantonnèrent à Obrechies, au moment des expéditions en Belgique.

Le plateau de Souvergeaux est à 182 mètres au-dessus du niveau de la mer. Moins élevé que les hauteurs de Glarges à Wattignies et du Paradis à Quierchoy qui atteignent 225 et 221 mètres, il domine celle d'Obrechies qui n'a que 160 mètres. La vue dont on jouit du haut de ce plateau est magnifique. Devant soi, le village d'Obrechies s'élève majestueusement en amphithéâtre sur la crête d'un mamelon.

A l'ouest, au sein d'une colline bocageuse et pittoresque, le charmant petit village de Choisies se blottit au milieu de la verdure. Les clochers de Damousies et de Ferrière-la-Petite se profilent dans le lointain. Dans la vallée serpente la Solre, grossie du ruisseau du Stordoir. Ce plateau était autrefois inculte et couvert de bruyères. Les habitants d'Obrechies, Choisies et Damousies pouvaient y faire paître leurs bestiaux, moyennant la redevance annuelle d'une poule par famille, perçue au profit du comte de Solre-le-Château. Si la redevance fut abolie à la Révolution française de 1789, l'usage restera et les anciens se souviennent avoir vu au siècle dernier, le pâtre communal conduire les bestiaux paître à Souvergeaux. 
Lors de la bataille de Wattignies, là se trouvait le point le plus fort de la gauche autrichienne. Cette position, après plusieurs attaques obstinées faites dans la direction de Choisies et de Dimechaux par la division du général Duquesnoy, fut enfin enlevée le 15 et 16 octobre 1793 par la colonne qui mérita par sa bravoure le nom de colonne infernale.
Le 15, les français ne firent que canonner les hauteurs de Souvergeaux, mais le 16, vers 1 h, au moment où un soleil radieux chassait un épais brouillard qui empêchait toute manoeuvre, 20.000 hommes escaladaient les escarpements du coteau.
 
Après trois attaques très meurtrières, faites en union avec la colonne de Carnot qui, vers le soir, avait débouché de Dimont, les français restèrent maîtres de la position. Les autrichiens, abandonnant leur artillerie, se retirèrent en désordre sur les hauteurs de Glarges, après avoir anéanti leurs meilleurs régiments, ceux de Klébeck, de Hohenlohe et de Stein. Mais le succès était loin d'être complet. Le général français Beauregard, après s'être emparé de Solrinnes, Eccles et Bérelles, avait pris position entre Aibes et Obrechies. Il ne tarda pas à fléchir sous la pression d'une brigade d'infanterie et de quelques escadrons de dragons commandés par les généraux ennemis Haddeck et Chastiller. Il se retira précipitamment dans la direction de Solrinnes, laissant à découvert la droite de Duquesnoy. Celui-ci, se sentant sérieusement menacé, fit alors diriger sur Obrechies le feu de ses batteries qui occasionna un vaste incendie, mais qui força les Autrichiens à se retirer. (On trouve encore dans la charpente de telle ferme à Obrechies, des éraflures provenant de ce bombardement).

Lors de l'occupation des alliés en 1816, le général russe Worouzow ayant fait camper son corps d'armée sur le territoire de Dimechaux, Souvergeaux servit de champ de manoeuvres.
Sur la droite du ruisseau "Le Stordoir", on voit encore une redoute qui fut construite pour servir de but aux soldats dans les différentes évolutions d'attaque.
 

Deux ans plus tard, une brillante revue, suivie de plusieurs manoeuvres effectuées par l'armée russe, eut lieu en cet endroit, sous la présidence du roi de Prusse, de l'empereur Alexandre, des grands ducs Nicolas et Constantin, du prince royal des Pays-Bas, de Lord Wellington, du duc de Kent, du général Congrève, etc...
Quelques mois plus tard, au début de juin 1818, le grand -duc Nicolas passa en revue au même lieu, une autre revue. Elle se termina par une fête splendide. Sous une tente dressée le long de la route, deux artistes illustres de Paris : M. Pothier et Mlle Dejazet, qui donnaient une saison théâtrale à Maubeuge, vinrent jouer une pièce de circonstance, intitulée : "Le Camp de Dimechaux", et composée par M. Chatelain.

Au retour des deux campagnes en Belgique, en 1831 et en 1832, les généraux Sébastiani et Achard vinrent camper à "Souvergeaux" avec leurs troupes qui furent passées en revue par les ducs d'Orléans et de Nemours.

Le 16 Octobre 1883, quarante ans après la bataille de Wattignies, eut lieu une fête commémorative de cette journée mémorable. A cette occasion, nos soldats élevèrent comme trophée une énorme pyramide de terre.


Les états généraux de 1789.

Dans les cahiers de réclamation envoyés aux États Généraux, nos ancêtres d'Obrechies se plaignaient des droits excessifs perçus sur le charbon (d'ailleurs peu utilisé à cette époque) et sur les boissons. La bière était plus imposée que le vin, les brasseurs soumis à une réglementation peut-être plus sévère qu'aujourd'hui et les sanctions pénales, énormes...
Dans les campagnes, on fabriquait une espèce de "petite bière" exempte d’impôts. Cette boisson était faite avec du marc d'orge déjà utilisé. Mais dès 1682, l'insatiable fisc l'avait déjà taxée. Alors, les petites gens, que la misère rendait ingénieux, inventèrent une autre boisson: "le braquet". Quelques poignées de son ou de rêche avec des cônes de houblon jetés dans l'eau bouillante donnaient un breuvage sain mais peu agréable à boire.
Cette bien modeste boisson ne devait pas trouver grâce devant le fisc, d'où les doléances des gens d'Obrechies au moment de la Révolution.


Les lieux-dits d'Obrechies.
 
La coulture Sarrazin : ainsi appelée, parce que, disent les chroniqueurs, "les sarazins se seroyent austres fois campez ense lieu, ainsi que le raportoient les anciens d'Obrechies qui disoient l'avoir appris de leurs ancestres ou plutôt des vieilles qui ont forgez ces fables en filant leurs quenouilles" .
La vérité c'est que ce terrain appartenait autrefois à un nommé Fusart Sarrazin qui vivait en l'an 1380, et qui lui aurait donné son nom.
- La couture est une terre cultivée depuis longtemps.
- Une fache au contraire est une terre en friche.
Pour qu'une fache devienne couture, elle devait être "essartée" , c'est à dire défrichée, d'où "Sars", "les Sartraux", c'est-à-dire : les défrichements.

Le mot "Cruquet" indiquait un talus ou une colline escarpée et caillouteuse.
Le Fayt. On a beaucoup discuté sur la signification de ce mot. Certains croient qu'il signifie : chemin bordé de hêtres (en latin fagus). D'autres prétendent que Fayt viendrait d'un vieux mot français qui voudrait dire : route bordée de terrains vagues.